Quelques précisions sur la région de DABO.

 

 

 

 

 

 

Dans le massif gréseux des Vosges, les puissants rochers ruiniformes perchés au sommet des monts ne sont pas rares et beaucoup de châteaux médiévaux s'y sont accroches comme des nids d'aigles. Parmi les nombreux exemples qu'on peut citer dans les Vosges du Nord (Bitche, Falkenstetn, La Petite Pierre, Le Haut-Barr ), Dabo parait au premier rang: son colossal rocher est le plus imposant de tous, c est de cet observatoire titanesque que s’emparèrent les Étichonides, composant la plus illustre famille d'AIsace aux X e et XI e s. D'Eberhard, comte de Nordgau, mort en 966, époux de Liutgarde, princesse de la première dynastie ducale de Lorraine est issu le nombreux lignage de ceux qui deviendront les comtes d'Eguisheim et de Dabo. Brunon de Dabo, l'un de leurs cadets, fut évêque de Toul avant de devenir le grand pape saint Leon IX (1048-1054). A l'extinction de la branche aînée des Eguisheim-Dabo (en 1089), le château passa sous le contrôle des évêques de Metz. Le comte Hugues IX (vers 1137-1178) passe pour être celui qui construisit, au sommet du célèbre rocher dominant le Brinzthal, le nouveau château de Dabo. Le vieux château dominant la vallée de Walscheid où Brunon, le futur pape, est peut-être né ,aurait été abandonné à cette époque .Quand la dernière héritière, Gertrude s'éteignit en 1225, I'évêque de Metz, Jean d’Apremont, tenta d’arracher la seigneurie au mari de la défunte , le comte Simon de Limange. Une longue guerre de succession s’ensuivit, riche en péripéties, qui entraîna le démembrement du comte de Dabo, mais la forteresse entourée de ses forets demeura finalement aux mains des Linange. Le château n'eut pas à souffrir de la guerre de Trente ans, mais celle de Hollande eut raison de lui .Après un siège en règle , les Français conduits par le brigadier Bois-David, sous les ordres du lieutenant-général M. de Monclar, s'en emparèrent en mars 1677. Le maréchal de Crequi, qui vint lui-même a Dabo après la prise du château, impressionne par l'importance stratégique du site, forma le projet d'augmenter les fortifications mais finalement l'ordre fut donné par Paris de raser le château. Le 13 novembre 1679, on fit sauter à l'explosif les fortifications et les logements, de telle sorte qu'il ne demeura plus qu'une plate-forme parfaitement nue et battue par les vents, celle-la même où l'on peut aller méditer de nos jours sur cet impressionnant vestige de la puissance des Eguisheim-Dabo. Même les ruines ont disparu. Les matériaux ont été remployés dans la construction de la chapelle néo-romane dédiée à saint Leon IX, édifiée a l'emplacement du château en 1890, remplaçant une autre petite chapelle construite en 1826. Pour se faire une idée de ce qu'était autrefois cette espèce de Wartburg lorraine qui eût tente le burin d'Albert Durer, il faut se reporter aux gravures du XVIIes., exécutées avant la destruction, celle en particulier de Merian, et surtout à deux remarquables vues du château dessinées lors du siège de 1677 par un ingénieur militaire, conservées au dépôt des fortifications à Paris :elles nous montrent la silhouette fantastique du rocher charge d'un bloc compact de logis que la nature seule paraît fortifier. Sous le rocher de la tête de mort, on a souvent cherché un trésor. Le château des comtes de Dabo fut brulé en 1679. On racontait que, sous une pierre, un grand trésor était enfoui. Mais les hommes les plus forts du pays s'échinèrent en vain à la soulever. Un jour, deux étrangers vinrent et déterrèrent le trésor. Il leur fallut sept mulets pour l’emporter. Ils donnèrent deux bœufs à un paysan qui les avait aidés.Le château de Dabo soutint en 1677 un siège resté fameux. La place dut se rendre, mais ses défenseurs avaient jeté du haut des murs, sur les assiégeants, une chèvre morte. Elle tenait entre ses pattes une quenouille qui portait ces mots :

Quand la chèvre filera

Dabo se rendra

 

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